|
Sans s'adonner entièrement à l'autofiction, l'auteur raconte l'enfance d'Olivier, un garçon de cinq ans abandonné de ses parents. Quand on n'est pas adopté, c'est le début de la visite des familles d'accueil. De l'Abitibi à l'Île d'Orléans via Cap d'Espoir en Gaspésie, la tournée se transforme souvent en cauchemars quand la violence est l'ordre prescrit en éducation. La peur s'instille ainsi dans l'esprit du jeune héros. Et le silence assure sa résilience dans l'adversité. C'est le cercle vicieux de la dépréciation qui s'en suit.
La trame déborde amplement les événements. Elle infiltre l'âme d'Olivier pour traduire sa sensibilité à fleur de peau. Heureusement, sa grand-mère lui donne le courage d'affronter l'enfer de son enfance.
L'auteur profite de sa biographie fictive pour souligner les conditions féminines, qui prévalaient dans le Québec de la religiosité des années 1950. On ostracisait les femmes qui enfantaient en dehors des liens du mariage. Comme Éva, sa mère naturelle, elles héritaient de la honte que certaines tentaient de purger par une piété exemplaire pour obtenir le pardon divin.
C'est un roman populaire bien ficelé. L'écriture, sans être distinctive, coule de source. Et les rebondissements judicieux ajoutent à l'intérêt que la population porte à la vie privée des vedettes. Le même phénomène s'est produit avec Lise Dion qui a écrit Le Coffret bleu. C'est bien fait, mais fort peu prégnant en littérature.
|