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La guerre, la guerre... c'est pas une raison pour se faire mal!

par Jonathan Goupil

 

Vous reconnaissez peut-être cette réplique du célèbre film La guerre des tuques, petit bijou paru en 1984 (il n’est pas question ici de la reprise de 2015 où l’animation a remplacé les enfants du premier). Ce long métrage, très cher au cœur de la majorité des « enfants des années 1980 » est toujours très populaire et est la preuve vivante que la guerre, ça peut être amusant, en quelque sorte.

 

Bien entendu, la « vraie » guerre, celle dont on a de nombreux exemples dans le monde en ce moment même, n’est vraiment pas une partie de plaisir. Cependant, c’est un enjeu important que l’on se doit d’aborder avec nos enfants ou encore avec nos élèves, si l’on est enseignant ou enseignante. Cela s’inscrit d’ailleurs dans le programme d’Éthique et de culture religieuse qu’a mis sur pied le Ministère de l’Éducation en 2009. Comme on l’a vu dans mon dernier billet (que vous pouvez consulter ici), de plus en plus d’auteurs et de maisons d’édition se donnent comme mission d’aborder des thèmes difficiles, parfois même tristes et déprimants. Voici donc quelques-uns des ouvrages qui traitent, de près ou de loin, de la guerre et avec lesquels je suis tombé en amour au fil du temps.

 

Commençons d’abord par Y’a pas de place chez nous, écrit par Andrée Poulin et publié chez Québec-Amérique. Cet album, malgré sa fin heureuse, n’est pas de tout repos et laisse place à un groupe de personnes dont on n’entend pas assez la voix. Les gens que l’on appelle les sans-pays font souvent la manchette des bulletins d’information de fin de soirée, les conflits armés forçant des millions de personnes à devenir des réfugiés. De jeunes enfants seront donc sans doute familiers avec cette réalité et seront des plus attentifs à l’histoire de Marwan et Tarek, qui fuient leur pays en guerre, entassés dans un très petit bateau. Alors que leur groupe s’approche de plusieurs iles pour peut-être s’y installer, les habitants de ces endroits disent tous la même chose : « Y’a pas de place pour vous chez nous! », et ce, pour toutes sortes de raisons. Heureusement, un groupe de personnes viendra sauver nos amis et nous redonner espoir en l’humanité. Cet album se veut une excellente façon d’amorcer une discussion sur la différence et l’immigration avec de jeunes enfants, que ce soit en classe ou à la maison.

 

Bien sûr, quand on traite de sujets plus délicats comme celui de la guerre, on n’aura pas toujours droit à une jolie histoire où les personnages principaux « vivent heureux et ont beaucoup d’enfants ». Certains ouvrages vont même nous laisser un peu perplexes après leur lecture. Cependant, il est important de faire un effort supplémentaire pour permettre à nos enfants de devenir de meilleurs citoyens, conscients des réalités qui meublent le monde.

 

Un exemple en ce sens est un album qui s’intitule Le citronnier, écrit par Ilia Castro en 2017. Il raconte la vie d’Elle, qui n’a rien de simple ou de joyeux. Née dans un pays sous dictature où une résistance s’organise, c’est tout ce qu’a connu la petite fille et la seule chose qu’elle possède de normal et de beau, c’est un citronnier près de sa maison. C’est cet arbre qui fournit le seul espoir d’Elle quant à l’avenir. Cet album est troublant à lire, même pour un adulte. Visuellement, les illustrations nous montrent un monde sombre, sale et froid, tout à fait ce qu’on pourrait s’attendre d’un territoire sous occupation militaire. Ce sont cependant les textes qui, quoique magnifiques et puissants, sont d’une dureté et d’une violence incroyable pour un ouvrage de littérature jeunesse. Ce ne sont pas là des raisons pour éviter le livre, il faudra en revanche s’assurer qu’un jeune a la maturité nécessaire pour assimiler le contenu de l’histoire. D’ailleurs, une bonne discussion est à prévoir avant et après la lecture avec l’enfant.

 

Dans le même ordre d’idée, on a Capitaine Rosalie. On est plongé à l’hiver de 1917, alors que la Première Guerre mondiale fait rage en Europe. La mère de Rosalie travaille à l’usine et son père est au front. Rosalie, 5 ans et demi, a quant à elle une mission bien importante à accomplir. Alors qu’elle n’a pas de souvenir d’avant la guerre, elle doit espionner son enseignant et les autres élèves de la classe, question de voir s’ils sont des soldats ennemis ou non parmi eux. De plus, Rosalie doit apprendre leur langage secret, une série de symboles incompréhensibles, elle doit apprendre à lire. De cette façon, elle saura enfin ce qui se cache dans l’enveloppe bleue qu’a reçue sa mère il y a quelques jours… Cet album est un des plus touchants qu’il nous a été donné de lire. Ses images sont jolies, colorées et sombres à la fois, et nous permettent de vivre les émotions d’une petite fille qui vit dans un pays en guerre. Ce sera une excellente manière d’aborder ce conflit armé en classe.

 

Un autre sujet délicat est celui de l’Holocauste de la Deuxième Guerre Mondiale, où des millions de juifs ont subi d’atroces souffrances aux mains des nazis, voire même la mort. La promesse, co-écrit par Pnina Bat Zvi et Margie Wolfe, raconte l’histoire vraie des sœurs Rachel et Toby, leurs propres mères, qui ont vécu au camp de concentration d’Auschwitz pendant plusieurs années. Séparées depuis deux ans de leurs parents lorsque l’on se joint à elles, Rachel et Toby gardent précieusement une boite de cire à chaussure contenant trois pièces d’or, qu’elles ont promis de dépenser pour quelque chose d’important. Mais qu’y a-t-il de plus important qu’une sœur lorsque l’on n’a rien d’autre au monde? On n’est jamais épargné dans cette horrible histoire, qui a malgré tout un beau message d’espoir à nous transmettre. Les illustrations réalistes nous permettent de bien voir l’émotion des personnages, alors que la souffrance est à son comble et que l’amour est plus fort que tout.

 

Si l’on désire passer un moment plus léger avec les enfants, on peut plutôt s’aventurer vers Jules et Jim de Jacques Goldstyn. Ce dernier nous amène tout autant à réfléchir et à apprendre. Jules et Jim sont nés dans le même village, à seulement deux minutes d’intervalle. Depuis, ils sont devenus les meilleurs amis du monde et font tout ensemble, quoique Jules est toujours deux minutes en retard… L’année 1914 amènera nos amis en Europe, où a lieu la Première Guerre mondiale. Encore une fois, c’est à deux que Jules et Jim, devenus soldats, vont faire face à cette chose horrible qu’est la guerre. Souhaitons que tout se déroule bien pour eux... Ce magnifique album est un véritable trésor. On l’apprécie bien sûr pour ses jolies et colorées images, mais surtout pour sa riche histoire qui se veut à la fois instructive et touchante. En effet, l’œuvre trace un portrait concis et exact de ce conflit armé majeur, mais elle fait aussi vivre au lecteur de nombreuses émotions, passant de la joie à la tristesse en un temps record. Jules et Jim est l’un des meilleurs albums de littérature jeunesse qu’il ne m’a jamais été donné de lire, un incontournable que je relierai sans aucun doute!

 

 

 

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